Michel Cornu

"Le noir est un charbon de lumière "

Michel Cornu a participé aux expositions suivantes

été 2023
novembre/janvier 2022

Exposition collective du 27 novembre 2021 au 16 janvier 2022

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oct./nov.déc. 2020

20 artistes français et allemands exposent leur travail autour du dessin

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oct./nov.déc. 2020

20 artistes français et allemands exposent leur travail autour du dessin

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décembre/janvier 2020
2009

Le noir est un charbon de lumière 

Une certaine clarté fait voir que la surface est un abîme

François Jacqmin

Je trouve incroyablement parlant la relation de la texture noire avec le geste violent qui caresse et déchire presque le papier. Ce noir d’un regard qui fouille ce qui en émerge et ce geste qui se fait dans une sorte de cécité absolue, de transe qui bien entendu dit aussi ce qu’il en est de la danse du corps, sont dans la dimension iconique du travail. Je voudrais développer cette idée d’un voile qui se pose à chaque fois sur une surface modifiée, mais un voile que l’artiste soulève de suite, arrache, détache, puis recouvre d’un autre voile. On sait bien que l’activité picturale est de l’ordre de ce recouvrement, mais ici c’est comme s’il fallait, à chaque fois, en revenir à l’origine. À l’origine du support aussi, mais peut-être bien pour en détacher ce qui est le fruit de l’action du peintre. Appelons cela la suspension de l’évènement qui est placé dans un espace presque irréel. C’est sur un papier blanc, avec des qualités différentes et choisies (japon, arches, fin ou épais) qui réceptionnent les matières de manières bien différentes, que cela se joue. Le peintre s’adapte, le peintre écoute (avec la paume de la main) ce qui déchire la texture. Il exprime cette attention ultime qui fonde évidemment la dimension poïétique de son travail. Le voile se fait et se défait à chaque étape comme le signe d’une révélation qui révèle à l’artiste son propre chemin. Il frotte la surface avec rage, dans la nécessité physique de la répétition, comme si chaque geste se sédimentait dans l’effacement provoqué. Dans un tel projet nous revient l’exemple Erased de Kooning drawing (1953) de Robert Rauschenberg effaçant un dessin de Willem de Kooning. Cet effacement informe de l’hommage qu’un jeune artiste rend au maître, mais bien sûr évoque aussi la signification de la continuité et de la rupture (prendre ses distances avec l’œuvre qui précède et affirmer une nouvelle époque). Mais plus encore c’est dire que rien ne s’efface jamais totalement. La mémoire est dans les traces qui restent, et les gestes qui gomment sont eux-mêmes traces et soumis à des traces qui se superposent. Bien sûr, cet acte fit scandale (bien que de Kooning avait accepté de confier ce dessin à ces fins). Si je prends cet exemple c’est que Michel Cornu, dans cette direction parallèle, efface sa propre production pour en donner une figure nouvelle. Il n’est évidemment pas dans la posture duchampienne de Rauschenberg, mais il montre -à sa suite- que l’effacement (qui est production négative ou corrective si l’on pense à la manière dont Matisse corrigeait les formes, les courbes, les ellipses) est un acte de création à part entière. Il faudrait citer Maurice Fréchuret qui a consacré une longue étude à ces questions. Chez Cornu, effacer conduit à révéler. On peut ainsi proposer un autre exemple qui cherche à révéler le point de départ, l’écran blanc du cinéma. Je pense à Hiroshi Sugimoto qui photographie en long temps de pose les salles de cinéma pendant qu’un film se projette. L’accumulation des images, cette saturation donc, produit à la fin de la captation un blanc violent. Addition de toutes les nuances, de toutes les couleurs, de toutes les figures pour accéder simplement à la lumière. Révélation est donc un autre terme qu’il faut ajouter au lexique artistique de Michel Cornu qui cherche une sorte d’invisible, de non encore aperçu (sa méthode est la superposition et l’effacement), qui montre pour s’en étonner la lumière apparaissante et disparaissante dans une sorte de matière noire. C’est aussi un linceul, dans tous les sens du terme, qui donne la vera icona de la matière.

  

Germain Roesz, mai, juin 2019

Michel Cornu en images 

Carrière

  • 1984Michel Cornu entre à «l’atelier» de Robert Georges à St Dié.Rencontre avec le peintre Osamu Yamasaki.
  • 1989Vit et peint à Besançon.
  • 1991S’installe à MulhouseE avec un nouvel atelier "Rencontre" avec Gisela Arnaud-Schröder, galerie Euros.Installe son atelier à St Dié.Création du groupe «Paradoxes» (peintres, sculpteurs humanistes).Installe son atelier à Colmar.Création d’une première série de gravures aux ateliers Remy Bucciali.La galerie Bucciali présente les travaux de Michel Cornu aux salons Internationaux d’art contemporain.
  • 1998, 1999, 2000, 2001, 2002, 2003 et 2004Art Strasbourg 
  • 1997, 1998 et 1999Saga Paris InnsbruckArt ParisFranckfortMédiathèque de Nancy (achat d’une série de gravures par la médiathèque) 
  • 1998Tokyo (Japon) 
  • 2004Karlsruhe
  • 2004Commence un travail de gravure avec Erika Greenberg Schneider, Master Printer.Atelier Bleu Acier, Tampa en Floride.
  • ART STRASBOURG : 1998-1999-2000-2001-2002-2003-2004 SAGA PARIS INNSBRUCK ART PARIS FRANKFORT MEDIATHEQUE DE NANCY : 1997-1998-1999Achat d’une série de gravures par la médiathèque

Expositions collectives

  • 1988Musée de Saint-Dié (présentation de la toile primée pour la jeune peinture française représentant la ville de Saint-Dié à PARIS et finale à Paris du prix de la jeune peinture française
  • 1994Ogaki, Neufchâteau (galerie de l’hôtel de ville)Ogaki (Japon)Ogaki (Japon) - Liège (Belgique) 
  • 2002Crac à Altkirch - Editions Bucciali et originauxTokyo (Japon) - Salon du blancArt Nîmes – galerie Jean Bernard

Expositions personnelles

  • 1988Saint-Dié - Centre culturel Espace G. SADOUL
  • 1994Musée de Saint-Dié (s/c groupe paradoxe) L’ENTREPOT à MULHOUSE
  • 1998Galerie BuccialiGalerie Jean Bernard à Avignon
  • 2001Galerie Die Gravuere - Essen (Allemagne)Vieux Breisach (Allemagne)
  • 2002Lilles – galerie Jean BernardGalerie Cepagrap à St Dié
  • 2003Entrée dans la collection de M. Eugène Moureau – Gravures
  • 2004Acquisition d’une presse taille douce de M. Louis Richebe
  • 2005Espace d’art contemporain André MalrauxRéalisation par Jean-Christophe Schreiber du film Mémoire de vie – l’adolescence (rapport entre la gravure et la vie)Acquisition d’une oeuvre par la ville de ColmarExposition - collections papier galerie Monos Art Galerie à Liège. 
  • 2006Galerie Lillebonne à Nancy (septembre-octobre)Art Karlsruhe.
  • 2007Galerie Nicole Buck à Strasbourg.Musée de Thann – Haut-Rhin.Édition de gravures aquateintes et pointes sèches – Edition Rémy Bucciali.Galerie Cepagrap à St Dié.Start à Strasbourg – Édition Rémy Bucciali.Espace d’art contemporain André Malraux- Édition d’un catalogue commémorant ses 10 ans.Exposition Galerie Zaiss à Art Karlsruhe
  • 2008Galerie Bucciali (Minaro).Installation d’un nouvel atelier et acquisition d’une nouvelle presse taille douceArt ParisArt KarlsruheArt BâleSt'art Strasbourg Editions BuccialiKunsthalle Bale
  • 2009Art ParisArt LillesEditions BuccialiArt KarlsruheArt BruxellesArt Elysée Galerie Nicole BUCKSt'art et galerie

  • 2010Galerie Nicole Buck Art ParisEditions BUCCIALILézard Colmar "Tourments et Passions"Editions  BUCCIALI "32 variations"Colmar Cloître de la bibliothèque "Pages de pierres"

  • 2011St'art BuccialiGalerie Nicole BuckKarlsruhe Galerie Zaiss

  • 2012St'art BuccialiArt élyséesGalerie Nicole BuckGalerie ZAISS Art Karlsruhe

  • 2013St'art Bucciali Art élysées Galerie Nicole BuckGalerie ZAISS Art Karlsruhe

  • 2014St'art BuccialiArt élysées Galerie Nicole Buck Galerie ZAISS Art Karlsruhe Colmar et Galerie Troncin Nancy

  • 2015Art Karlsruhe galerie Zaiss Galerie Nicole BUCK

  • 2016Art Karlsruhe Art Basel Miami Lise Braun

  • 2017Art Karlsruhe Le couvent des Dominicains Paris Art Basel Miami Lise Braun Art Paris Grand Palais Lise Braun

  • 2018Art Karlsruhe Galerie ZAISS Art Paris Grand Palais Lise Braun Galerie Nicole BuckGalerie CEPAGRAP St Dié

  • 2019Art Karlsruhe Galerie ZAISS Art Wynwood Miami Lise Braun Drusenheim Galerie Nicole Buck